^ Giacomo Leopardi, L'Infinito.
74 traductions pour le Bicentenaire de Giacomo Leopardi.
Première Exposition Internationale de Reliure d'Art en Italie,
Maître relieur pour l'Infinito, septembre 1998.

 

   L'lnfinito - L'infini  

   Toujours chère me fut cette colline si seule  
   et cette haie qui, par tant de longueurs,  
   dérobe au regard le dernier horizon.  
   Mais quand je m'assieds pour la regarder,  
   par ma pensée se créent au-delà d'elle  
   d'interminables espaces, des silences 

surhumains, 

   une paix très profonde; où peu s'en faut  
   que mon coeur ne s'effraie. Et lorsque  
   j'entends le vent bruire dans les plantes,  
   je vais comparant l'infini de ce silence  
   à cette voix, et me souviens de l'éternel,  
   des saisons mortes, et de celle présente  
   et vivante, et de son bruissement. Ainsi  
   dans cette immensité s'anéantit ma pensée:  
   et naufrager m'est doux en cette mer.  

 René Char et Franca Roux, 1966

   Je vous demanderai de lire le poème de l'Infinito en regardant le décor de mon livre de gauche à droite et de bas en haut :  
   Tout d'abord "colline… et haie" sont suggérés par des formes, des verts de matières différentes, du cuir peint et du daim.  
   Les pointes, commençant aux mors et s'ouvrant vers l'extérieur des plats, veulent donner une impression d'infini: "d'interminables espaces".  
   Enfin pour exprimer cette dernière phrase du poète "naufrager m'est doux en cette mer", j'ai choisi de représenter la mer par un bleu profond se prolongeant d'une couleur rouge au-dessus de l'horizon car c'est ainsi que le soleil couchant nous emmène dans l'infini de l'univers.  
   Le titre faisant partie du décor est aussi écrit avec ces lettres de feu.

Béatrice Algrin,

Maître Relieur pour L'Infinito